Bras de fer

Grève des enseignants : SOS Éducation durcit le ton et ferme tous les établissements scolaires à Port-Gentil

Grève des enseignants : SOS Éducation durcit le ton et ferme tous les établissements scolaires à Port-Gentil
Grève des enseignants : SOS Éducation durcit le ton et ferme tous les établissements scolaires à Port-Gentil © 2026 D.R./Info241

Le climat social demeure tendu dans le secteur de l’éducation nationale au Gabon. Alors que la grève des enseignants s’est prolonge dans plusieurs établissements du pays, le mouvement SOS Éducation est monté au créneau ce lundi 19 janvier pour dénoncer l’inaction des autorités et exiger des réponses concrètes aux revendications des personnels éducatifs.

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Depuis plusieurs semaines, de nombreuses écoles publiques fonctionnent au ralenti, voire à l’arrêt, en raison du débrayage observé chez les enseignants du primaire et du secondaire. Au cœur de la contestation figurent notamment le paiement des rappels de solde, la régularisation des situations administratives, l’amélioration des conditions de travail et la revalorisation des carrières.

Des établissements desserts ce lundi

SOS Éducation affirme soutenir pleinement le mouvement, qu’il qualifie de « légitime et fondé ». Ce lundi 19 janvier, la paralysie était visible dans la capitale économique : aucune école n’a ouvert ses portes. Au lycée Thuriaf Batsantsa, qui accueille plus de 6 000 élèves, la présence des apprenants était quasi inexistante. Un silence pesant régnait dans l’enceinte de l’établissement.

« Nous constatons que tous les établissements sont fermés et, par conséquent, il nous fallait nous réunir pour galvaniser les troupes afin qu’on soit au piquet de grève », a déclaré Léonce Be Mezui, enseignant d’histoire-géographie et d’éducation à la citoyenneté, membre de SOS Éducation.

Des établissements déserts dans la capitale économique

Le constat s’est répété dans plusieurs structures scolaires. Au lycée Joseph Ambouroue Avaro, l’un des établissements publics les plus importants en effectifs, aucun élève n’était présent. Les salles de classe, totalement vides, donnaient l’impression d’un établissement déserté. Au C.E.S. du Parc, la même situation était observée : aucune activité ni dans la cour ni dans les salles. L’annexe de l’établissement affichait également une absence totale de vie scolaire. Face au bras de fer en cours et par mesure de prudence, de nombreux parents ont préféré garder leurs enfants à la maison.

Des enseignants sur le piquet de grève

En revanche, le mouvement syndical déplore le silence persistant du gouvernement face à des revendications connues depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. « Nous nous sentons marginalisés, parce qu’il s’agit là de problèmes qui ont une longévité de 20 ans, 25 ans, 15 ans et même plus. Le communiqué n°001 a raté parce que les enseignants ont eu raison. Quand l’enseignant décide que les élèves ne doivent pas se rendre dans les établissements, il faut comprendre. Quand on veut pêcher un requin, il faut aller avec l’idée de pêcher une baleine », souligne SOS Éducation.

Une année scolaire sous pression

Au-delà des revendications, SOS Éducation met en garde contre les conséquences pédagogiques d’une crise sociale qui s’installe. Pour le mouvement, les élèves constituent les premières victimes de l’absence de dialogue entre l’État et les partenaires sociaux, avec un calendrier scolaire de plus en plus fragilisé.

« La logique voudrait qu’on règle d’abord la question de civisme avant d’envoyer les enfants à l’école. Le SG tente de mettre la pression en utilisant les apprenants. Pierre Mintsa, qui est aux affaires sociales, vient faire quoi dans les problèmes de l’éducation ? Tout le fiasco de la semaine dernière, c’est lui qui l’a orchestré. Il peut s’amuser avec tout le monde, mais pas avec l’enseignant », a averti Paterne Ndong Nkoulou.

SOS Éducation réclame des négociations « sincères et inclusives »

Face à cette situation, SOS Éducation appelle les autorités à ouvrir immédiatement des négociations « sincères et inclusives », assorties d’engagements clairs et de délais précis. Le mouvement n’exclut pas un durcissement de la mobilisation si aucune avancée notable n’est enregistrée dans les prochains jours.

« Je vous assure, quel que soit le lieu, le temps, c’est nous seuls qui sommes en mesure de décider de la suspension du mouvement ou de sa poursuite. Qu’ils aillent même à la présidence, la grève a été lancée par la base et c’est elle qui a le dernier mot. Il faut d’abord traiter le problème avec les techniciens que nous sommes », a insisté Paterne Ndong Nkoulou.

En attendant, enseignants, parents d’élèves et élèves restent suspendus à l’issue de ce bras de fer social, dans l’espoir d’un dénouement rapide susceptible de sauver l’année scolaire et de restaurer la confiance dans le système éducatif national.

@info241.com
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