Campagne présidentielle sans meeting : Bilie-By-Nze assume sa rupture... avec les foules !

Alors que la campagne présidentielle bat son plein au Gabon, un fait intrigue les observateurs depuis 5 jours : Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre du régime déchu et candidat à l’élection du 12 avril, n’a toujours pas organisé de meeting. Un choix qui se veut stratégique, selon lui, mais qui pourrait bien masquer des difficultés à mobiliser de l’ancien locataire de l’immeuble du 2-Décembre.

Depuis le lancement officiel de la campagne samedi dernier, Bilie-By-Nze sillonne les quartiers du Grand Libreville, privilégiant les rencontres dites de proximité. Ce mercredi 2 avril, il a justifié cette approche en déclarant vouloir éviter d’éventuelles perturbations lors de ses rassemblements. « J’ai choisi la proximité pour ne pas avoir des meetings qui vont être perturbés parce qu’ils ne comprennent pas et ne veulent pas comprendre », a-t-il affirmé.
Absence de soutien populaire
Cependant, cette explication semble cacher une réalité bien plus embarrassante : son incapacité à attirer de grandes foules. Contrairement aux autres candidats qui multiplient les meetings et affichent leur présence par des posters et des gadgets électoraux, Bilie-By-Nze mène une campagne en sourdine sans grand train. Aucune affiche visible, aucun matériel promotionnel ne vient accompagner son message de « rupture » avec le régime dans lequel il a bâti toute sa carrière politique.
Les quelques personnes assistant hier à sa causerie
Cette discrétion soulève des interrogations. L’organisation d’un meeting pourrait être un test grandeur nature de son influence réelle sur l’électorat qui dut chercher à convaincre. Or, en l’évitant, il semble esquiver une possible démonstration de faiblesse. Surtout que sillonner les quartiers et habitations en moins de 2 semaines, ne lui permettra pas de toucher grand monde dans le Grand Libreville qui concentre plus de la moitié des gabonais appelés aux urnes le 12 avril.
Stratégie ou voile ?
Lors de ses échanges avec les habitants des quartiers populaires, grands oubliés de la politique qu’il a menée avec les Bongo, il a réitéré son engagement à porter un projet de rupture avec le passé. « Les autres veulent que ça continue comme avant, sans rien changer, avec les mêmes personnes qui occupent les mêmes fonctions et font la même chose », a-t-il déclaré. Mais cette posture suffira-t-elle à convaincre, sans une véritable démonstration de force sur le terrain ?
À quelques jours du scrutin, cette absence de rassemblement de masse interroge tout comme l’absence de réelle campagne d’affichage du sérieux prétendant au fauteuil présidentiel qui dit être. Manque de moyens, manque d’adhésion ou réelle stratégie ? Une chose est sûre : sans une démonstration de soutien populaire tangible, sa campagne risque de rester en demi-teinte. Il fait ainsi partie de ces candidats gazelles qui font campagne sans la faire réellement.
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