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Port-Gentil muscle sa riposte : L’amont pétrolier et gazier face au risque d’accident majeur

Port-Gentil muscle sa riposte : L’amont pétrolier et gazier face au risque d’accident majeur
Port-Gentil muscle sa riposte : L’amont pétrolier et gazier face au risque d’accident majeur © 2026 D.R./Info241

Placée sous le thème « Le management de la sécurité des procédés », la Journée HSE de l’amont pétrolier et gazier a réuni, du 18 au 19 février, à la foire municipale Pierre-Louise Agondjo Okawé de Port-Gentil, des experts, opérateurs, autorités et partenaires sociaux autour d’un impératif commun : prévenir les accidents majeurs et renforcer la culture du risque dans un secteur à haute criticité.

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Dans l’amont pétrolier et gazier — exploration, forage, production et traitement — la maîtrise des risques industriels ne relève pas d’une option, mais d’une exigence vitale. Fuites d’hydrocarbures, explosions, incendies, pertes de confinement : les dangers liés aux procédés industriels peuvent avoir des conséquences humaines, environnementales et économiques considérables. C’est dans ce contexte que les acteurs du secteur ont consacré ces deux journées au management de la sécurité des procédés (Process Safety Management – PSM), avec pour objectif de consolider les dispositifs de prévention et d’anticipation.

Le message des autorités : priorité aux événements majeurs

« Il est question de demander aux opérateurs de l’amont pétrolier et gazier de mettre un accent particulier sur la prévention des événements majeurs, tels que les déversements, les accidents et incidents. Ces événements ont des conséquences très dévastatrices. Cette prévention permettra de sécuriser les individus, notre environnement qu’on tient à cœur », a fait savoir la directrice générale de l’amont pétrolier et gazier, Corine Posso Raivire-Mamboundou.

Contrairement à la sécurité au poste de travail, centrée sur les accidents individuels (chutes, blessures, etc.), la sécurité des procédés vise à éviter les accidents majeurs liés aux installations industrielles : défaillances d’équipements, erreurs de conception, défauts de maintenance ou failles organisationnelles. Les intervenants ont insisté sur plusieurs piliers essentiels : l’identification systématique des dangers et l’analyse des risques (HAZOP, audits techniques), la maîtrise de l’intégrité des équipements critiques, la gestion rigoureuse des changements (Management of Change), la formation continue du personnel, ainsi que le retour d’expérience et la transparence dans le reporting des incidents.

Leadership et culture du signalement : le nerf de la prévention

Au-delà des outils et des normes, la rencontre a mis en avant la nécessité d’un leadership fort et exemplaire. Les dirigeants sont appelés à promouvoir une culture où chaque employé, du technicien au cadre supérieur, se sent responsable de la prévention des risques. Les échanges ont notamment porté sur l’importance de la remontée des « presqu’accidents », la lutte contre la complaisance opérationnelle, ainsi que le renforcement des dispositifs de contrôle.

Les participants ont unanimement reconnu que la sécurité des procédés n’est pas seulement une exigence réglementaire, mais aussi un levier de performance durable.« C’est l’occasion pour les opérateurs de se mettre en conformité avec tout ce qui concerne l’environnement. Ce qui nous a inspiré, ce sont les accidents qu’on enregistre auprès des opérateurs économiques. L’année dernière, on a eu l’accident de Becuna : c’est tout cela qui a permis de mettre en place ces journées », a-t-elle ajouté.

Industrie sous pression : technologies, complexité, vigilance permanente

Alors que l’industrie pétrolière et gazière évolue vers des modèles plus durables et technologiquement avancés, la gestion des risques industriels devient encore plus stratégique. La complexification des installations, l’intégration de nouvelles technologies et les exigences environnementales accrues imposent une vigilance permanente. Cette Journée HSSE aura ainsi permis de partager les meilleures pratiques, d’harmoniser les standards opérationnels, de renforcer la coopération entre opérateurs et autorités, et de réaffirmer l’engagement collectif en faveur du « zéro accident majeur ».

En clôture, les organisateurs ont appelé à transformer les recommandations issues des travaux en plans d’action concrets, assortis d’indicateurs de performance clairs et d’un suivi régulier. Car au-delà du slogan, le management de la sécurité des procédés demeure une discipline vivante, exigeante et évolutive. Dans l’amont pétrolier et gazier, il constitue plus que jamais le socle d’une exploitation responsable, sécurisée et respectueuse des populations comme de l’environnement.

La voix des opérateurs : retour d’expérience et garde-fous renforcés

« À l’instar des autres compagnies pétrolières, nous faisons un retour d’expérience sur nos performances HSSE de 2025, nous nous projetons sur 2026 et voyons ce que nous pouvons tirer des autres opérateurs. La sécurité des procédés est l’ensemble des techniques et des règles nous permettant de garder nos installations en sécurité. Il est donc important, en tant qu’industrie, que nous puissions renforcer nos mesures de contrôle pour que des incidents qui ont eu lieu ailleurs ne se reproduisent pas sur nos territoires », a conclu le directeur général d’Assala Gabon, Egar Ognane.

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