Maillots : la Fegafoot trouve en express un plan B pour éviter l’humiliation du Gabon à la CAN 2025
Savé par le gong. La Fédération gabonaise de football (Fegafoot) a finalement trouvé une porte de sortie dans l’un des plus gros scandales de gestion du football national : le désormais tristement célèbre « Gabomagate », né de l’ingérence directe du Palais présidentiel gabonais dans le choix des maillots des Panthères. Une crise qui avait laissé la sélection sans équipementier à moins de trois semaines de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des nations Maroc 2025, exposant le Gabon à de lourdes sanctions financières de la CAF. Sous pression, la fédération a dû activer un plan B à marche forcée pour sauver l’essentiel : jouer la CAN… habillés.
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Un choix précipité sous la contrainte
Dans un communiqué publié ce vendredi 28 novembre et parvenu à la rédaction d’Info241, la Fegafoot annonce avoir retenu AB Sport comme équipementier de remplacement. Une solution provisoire, bricolée dans l’urgence, mais qui permet d’éviter la catastrophe annoncée. La fédération reconnaît explicitement avoir opéré dans un contexte inhabituel, presque désespéré : « La Fédération gabonaise de football informe l’opinion publique qu’elle a procédé, dans un contexte d’urgence lié aux échéances compétitives, à une consultation restreinte d’équipementiers internationaux », admet-elle.
Le communiqué du comité exécutif de la Fegafoot dirigé par Pierre Alain Mounguengui
Après la rupture chaotique avec l’équipementier initial — rupture déclenchée après des interférences du palais visant à imposer un fournisseur proche du cercle présidentiel, sans procédure réglementaire — la fédération s’est retrouvée dos au mur. La CAF exige en effet que les équipements soient enregistrés plusieurs semaines avant le début de la compétition, sous peine de sanctions financières et administratives. Le Gabon frôlait déjà la date limite.
Le critère décisif : livrer vite, très vite
Le choix d’AB Sport s’explique surtout par un impératif vital : le respect du délai de livraison. La Fegafoot le reconnaît sans détour dans son communiqué : « Compte tenu de la date limite d’enregistrement des équipements auprès de la Confédération africaine de football, le délai de livraison a été un critère déterminant pour trancher. »
En clair : quiconque pouvait produire, imprimer, emballer et livrer des maillots en un temps record était automatiquement favori. Et seule AB Sport a pu prouver cette capacité. La fédération ajoute : « Chaque équipementier avait l’obligation de fournir un dossier officiel attestant de sa capacité opérationnelle à livrer dans les délais imposés. » AB Sport s’est avéré le seul à remplir toutes les exigences techniques, réglementaires et logistiques.
Une procédure minimale… pour un équipement minimal
L’accord conclu se veut temporaire. « Conformément aux procédures réglementaires en vigueur, un contrat minimal de six mois sera signé pour couvrir la période de la compétition et après » , indique le communiqué. Six mois seulement : le temps de sortir de la tempête, et d’éviter aux Panthères de jouer au Maroc avec des maillots improvisés ou sans marque — une humiliation sportive et diplomatique.
La Fegafoot promet qu’après la CAN, tout reprendra « normalement » : « Un appel d’offres international complet sera lancé en vue de sélectionner un équipementier officiel sur le long terme. » Autrement dit, un retour aux procédures… une fois l’orage passé.
Un scandale d’ingérence qui a mis le football gabonais à nu
Ce dossier explosif a révélé un fait inédit : l’implication directe du palais présidentiel dans le choix de l’équipementier, court-circuitant la Fegafoot et imposant un acteur sans la moindre expérience. Cette intervention politique avait conduit à l’annulation du contrat initial, plongeant la sélection dans une incertitude logistique totale.
L’affaire est devenue publique lorsque des dirigeants de clubs et anciens membres du comité exécutif ont dénoncé un choix « purement politique », dépourvu de toute étude technique. La CAF avait discrètement rappelé au Gabon ses obligations réglementaires : livraison à temps, conformité technique, respect des normes de sécurité. Rien n’était prêt.
La Fegafoot tente de reprendre la main
Dans sa communication de ce vendredi, la fédération insiste lourdement sur sa volonté de renouer avec une gestion « transparente et rigoureuse » :
« La Fédération gabonaise de football réaffirme qu’elle travaille en étroite collaboration avec l’Office national du développement du sport et de la culture (ONDSC), lequel demeure responsable des opérations financières liées à cette compétition. »
Et d’ajouter, en conclusion : « La Fegafoot réitère son engagement à assurer, dans un cadre transparent et rigoureux, les meilleures conditions de préparation et de représentation des Panthères du Gabon. » Une manière de dire, en filigrane : « laissez-nous enfin travailler ».
Une CAN sauvée… mais un dossier qui laissera des traces
Grâce à ce plan B improvisé, les Panthères éviteront le pire : sanctions, amendes, ou pire encore, l’interdiction d’utiliser des maillots non homologués pendant la compétition. Mais la crise du Gabomagate restera comme l’un des symboles les plus frappants de la politisation du sport au Gabon.
La CAN 2025 se jouera donc avec des maillots livrés dans l’urgence. Et après ? La Fegafoot devra tirer les leçons d’un épisode où la survie logistique de l’équipe nationale a tenu à quelques jours… et à un équipementier trouvé in extremis. Une certitude : la balle est désormais dans le camp de la fédération, qui devra prouver qu’elle peut reprendre le contrôle d’un secteur trop longtemps laissé aux intrigues politiques
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