Le « risque Gabon » recule : Thierry Minko s’exulte et met en avant le retour de la confiance des marchés
Alors que la dette publique du Gabon a franchi des sommets inégalés au-dessus des 8 000 milliards, les autorités gabonaises elles jubilent. Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Dette a assuré ce vendredi dans une déclaration télévisée sur les médias publics de la crédibilité de la signature du Gabon sur les marchés. Il relie cette embellie à la dynamique enclenchée après le sommet extraordinaire des chefs d’État de la Cemac, tenu le 22 janvier à Brazzaville (Congo). née de la volonté de conclure un programme avec le FMI.
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« Les marchés ont accueilli avec satisfaction la volonté de conclure un programme avec le FMI », a-t-il insisté. Pour l’exécutif, l’enjeu dépasse la communication : il s’agit d’envoyer un signal de sérieux à des investisseurs devenus plus sélectifs. Le ministre met en avant l’engagement à travailler avec les « partenaires techniques et financiers » et à consolider l’orientation des réformes. Cette séquence, soutient-il, a modifié la perception du risque à court terme. Elle a surtout remis au premier plan la question de la discipline budgétaire et du pilotage de la dette.
| Repère | Date | Contenu | Lecture Marchés |
|---|---|---|---|
| Sommet extraordinaire de la Cemac | 22 Janvier 2026 | Engagement à collaborer avec les partenaires et à viser un programme avec le FMI | Signal de cadrage macro-budgétaire |
| Déclaration du ministre | 30 Janvier 2026 | Mise en avant de la crédibilité de la signature et de la réaction des marchés | Tentative d’ancrage de la confiance |
Le spread se resserre, l’eurobond 2031 se redresse
Le cœur de l’argumentaire repose sur l’évolution du « spread », présenté comme l’écart de risque entre les obligations souveraines gabonaises et celles du Trésor américain. Thierry Minko affirme que cet indicateur « s’est rétréci de 272 points de base pour atteindre 790 ». Pour les marchés obligataires, une baisse du spread signifie que la prime de risque exigée diminue, donc que le financement devient potentiellement moins coûteux. Le ministre y voit une conséquence directe de « l’engagement du Gabon à conclure un programme avec le FMI ».
L’intégralité de cette déclaration
Dans la même veine, il souligne le mouvement observé sur l’eurobond 2031. « Les obligations gabonaises à échéance 2031 (…) se sont échangées à 84 % de leur valeur nominale, avec une baisse du rendement exigée (…) pour atteindre 10,82 % ». En termes de mécanique financière, la hausse du prix et la baisse du rendement vont de pair : elles reflètent un regain d’appétit des investisseurs. Pour le gouvernement, cette détente est un indicateur avancé de crédibilité retrouvée, à condition qu’elle se confirme dans la durée.
| Indicateur | Définition | Niveau / Variation citée | Ce que cela signifie |
|---|---|---|---|
| Spread Gabon / Trésor américain | Prime de risque exigée sur la dette gabonaise | –272 pdb, à 790 pdb |
Risque perçu en baisse |
| Eurobond 2031 (Prix) | Prix en % du nominal | 84 % |
Revalorisation du titre |
| Eurobond 2031 (Rendement) | Rendement exigé par les investisseurs | –22 pdb, à 10,82 % |
Coût implicite en recul |
Une embellie à convertir en réformes
Le ministre invoque aussi des sources de marché pour étayer son propos : « Selon Bloomberg, le lundi 26 janvier 2026, les obligations gabonaises ont été les plus performantes des marchés émergents ». Il ajoute que « d’autres médias et plateformes spécialisées confirment ce diagnostic ». Dans cette lecture, le Gabon serait sorti du groupe des émetteurs considérés comme les plus fragiles, avec des spreads repassés sous 1 000 points de base. L’objectif, pour l’exécutif, est de transformer ce signal en dynamique plus structurelle.
Thierry Minko soutient que la détente des indicateurs doit se traduire par des effets macroéconomiques concrets. « Le Gabon se donne les moyens de réduire le coût de sa dette, de stabiliser ses finances publiques et de créer un environnement plus favorable à l’investissement, à la création d’emplois et au progrès social », a-t-il insisté. Il martèle que cette amélioration n’est pas « une faim en soi », mais un levier de souveraineté économique. Pour les marchés, la suite se jouera sur l’exécution : calendrier, mesures, et capacité à tenir les engagements annoncés.
| Objectif affiché | Canal de transmission | Effet attendu | Condition de réussite |
|---|---|---|---|
| Réduire le coût de la dette | Spreads plus bas, rendements en repli | Moins d’intérêts à payer | Programme crédible et appliqué |
| Stabiliser les finances publiques | Meilleure confiance, accès au financement | Trajectoire budgétaire plus soutenable | Discipline budgétaire |
| Favoriser l’investissement et l’emploi | Climat de confiance renforcé | Activité et création d’emplois | Réformes structurelles et gouvernance |
| Tableau global | Valeur / Signal | Interprétation |
|---|---|---|
| Spread | 790 pdb |
Détente du risque |
| Variation du spread | –272 pdb |
Amélioration rapide de la perception |
| Eurobond 2031 (Prix) | 84 % |
Rebond du titre |
| Eurobond 2031 (Rendement) | 10,82 % |
Coût implicite en baisse |
| Indicateur de marché cité | « Meilleure performance émergents » (26 Janvier) |
Appétit accru, à confirmer |
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