Corruption

Cas Bounda Balonzi : L’ancien ministre d’Ali Bongo condamné à rendre 435 millions mais bientôt libre

Cas Bounda Balonzi : L’ancien ministre d’Ali Bongo condamné à rendre 435 millions mais bientôt libre
Cas Bounda Balonzi : L’ancien ministre d’Ali Bongo condamné à rendre 435 millions mais bientôt libre © 2026 D.R./Info241

Le verdict est enfin tombé ce vendredi 16 janvier dans l’affaire Léon Armel Bounda Balonzi contre l’Etat gabonais. L’ancien ministre connaît depuis hier le prix judiciaire de sa gestion cavalière des travaux publics sous Ali Bongo. Vingt-huit jours après son procès du 19 décembre 2025, le tribunal correctionnel spécialisé de Libreville a rendu son verdict : l’ancien ministre des Travaux publics écope de 4 ans de prison, dont un an assorti du sursis, ainsi qu’une amende record de 435 millions de FCFA à verser à diverses parties.

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Concrètement, celui qui se présentait comme « expert en développement des infrastructures de transport » ne restera plus incarcéré que huit mois, sa longue détention préventive ayant déjà largement rogné la peine ferme. Arrêté et placé sous mandat de dépôt le 23 septembre 2023, l’ex-ministre ne recouvrera donc la liberté qu’en septembre prochain. Un calendrier qui laisse un goût d’inachevé à tous ceux qui espéraient un signal plus fracassant de la justice anticorruption de la Ve République.

Un catalogue de délits économiques au cœur du dossier

Au total, la justice gabonaise a reconnu Léon Armel Bounda Balonzi coupable d’une série de délits lourds : non-respect des procédures de passation des marchés publics, corruption passive, blanchiment de capitaux et association de malfaiteurs. Au centre de l’affaire, le marché de Potos, à Franceville (Haut-Ogooué), dont la relance des travaux avait été attribuée à une entreprise proposant une offre d’environ 3 milliards de FCFA, là où deux concurrentes affichaient chacune des propositions autour de 900 millions de FCFA.

L’ancien ministre condamné pour corruption bientôt libre

En plus de la peine d’emprisonnement et de l’amende, l’ancien ministre devra verser, à l’Agence judiciaire de l’État, qui s’est constituée partie civile, la somme de 130 millions de FCFA. Le tribunal a également ordonné la saisie de sa maison de Fougamou (Ngounié) où il avait été arrêté au titre du blanchiment, manière de rappeler que les biens mal acquis ne sont plus censés prospérer tranquillement à l’abri des murs et des titres fonciers.

Des centaines de millions à payer, et une maison saisie

La note ne s’arrête pas là. Solidairement avec son complice Abdul Houssein Hatem Moussavou, libano-gabonais et patron de la société Zen BTP, lui aussi condamné, Léon Armel Bounda Balonzi devra encore régler 300 millions de FCFA de dommages et intérêts. Au total, l’addition financière se chiffre donc à 435 millions de FCFA pour l’ancien ministre, sans compter les conséquences patrimoniales de la saisie immobilière.

Sur le papier, la sanction ressemble à un tournant : peine de prison, amendes, dommages et intérêts, patrimoine saisi. Dans les faits, la perspective d’une libération dans huit mois relativise la portée répressive de ce verdict, d’autant que la défense conserve la possibilité d’interjeter appel, même si certains proches lui déconseillent de tenter le diable au risque d’un alourdissement de la peine déjà à bon compte.

Une justice anticorruption à l’épreuve de ses symboles

Pour rappel, ce jugement était attendu depuis le 9 janvier. Il intervient dans un contexte où le régime d’Oligui Nguema s’efforce d’afficher une rupture avec les pratiques de l’ère Bongo, tout en étant scruté sur la cohérence et la fermeté de sa lutte contre la corruption. En condamnant cet ancien poids lourd des Travaux publics, la justice montre qu’elle peut frapper haut.

Mais en lui ouvrant la porte de sortie dès septembre, elle envoie aussi un message ambigu : la prison sanctionne, mais à durée limitée, même lorsque les marchés publics ont été gonflés à coups de milliards. À l’heure où le discours officiel promet une gouvernance exemplaire, l’affaire Bounda Balonzi pose une question simple et dérangeante : la Ve République veut-elle nettoyer les écuries, ou simplement les repeindre ?

@info241.com
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