Présidentielle 2025 : Son mari disqualifié, Albertine Maganga Moussavou appelle à voter... Oligui Nguema !

C’est une scène politique comme seul le Gabon sait en produire. À quelques jours de l’élection présidentielle prévue pour le 12 avril, Albertine Maganga Moussavou, députée de la Transition, a créé la surprise ce lundi en appelant publiquement à voter pour le général-président Brice Clotaire Oligui Nguema. Un soutien tonitruant... à l’exact opposé de son mari, Pierre-Claver Maganga Moussavou, disqualifié le 9 mars de la course présidentielle.

Candidat malheureux à trois reprises (1993, 2009 et 2016), ancien vice-président d’Ali Bongo, Pierre-Claver espérait une ultime chance de reconquête. Mais il a buté sur deux obstacles rédhibitoires : une limite d’âge introduite dans la nouvelle Constitution et une caution électorale de 30 millions jugée trop salée. Résultat : recalé dès la porte d’entrée, l’ancien ministre a dénoncé une « exclusion déguisée ». Pendant ce temps, son épouse, elle, s’installait confortablement dans le camp d’en face.
Retournement de veste
Sur la place publique, micro à la main et sourire aux lèvres, Albertine Maganga Moussavou a salué « les avancées du président de la Transition » et exhorté les Gabonais à accorder au général « une victoire claire, nette et sans histoire ». Une déclaration aux allures de désaveu conjugal et politique, qui a laissé plus d’un militant du Parti social-démocrate (PSD) bouche bée.
La prise de parole de la vice-présidente du PSD
Ce revirement n’est pas anodin. Figure de proue de la vie politique à Mouila (Ngounié), Albertine Maganga Moussavou a longtemps été la voix féminine du PSD, aux côtés de son mari fondateur du parti. Mais avec ce soutien à Oligui Nguema, elle semble faire un choix assumé : tourner la page d’une vieille garde à bout de souffle pour rejoindre le train de la transition, en marche vers une « nouvelle République ».
Lucidité face aux enjeux de la présidentielle
Dans les coulisses, certains y voient une stratégie de survie politique. « Albertine a compris que le vent a tourné. Elle n’allait pas sombrer avec le navire PSD », glisse un observateur averti. D’autres dénoncent un opportunisme pur et simple, alimenté par le souci de rester dans les bons papiers du régime en place. Quoi qu’il en soit, le geste est fort : elle soutient l’homme qui incarne la rupture... et qui a évincé son propre mari.
Reste à savoir si cette prise de position sera suivie d’effets électoraux. Mais une chose est sûre : la présidentielle de 2025 aura au moins offert un moment théâtral rare, où les alliances se font... et se défont au sein même des couples. Le Gabon politique n’a pas fini de surprendre.
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