Le Gabon décaisse près de 20 milliards pour les bourses mais traine encore 14,8 milliards d’arriérés !
Le gouvernement gabonais continue d’être un mauvais payeur vis-à-vis de ses étudiants et élèves même sous Oligui Nguema. Bien qu’il ait décidé d’ouvrir les vannes financières pour apaiser le front social ce 23 mars, la réalité reste implacable avec les arriérés cumulés. Lors de la conférence de presse gouvernementale de ce mercredi à Libreville, le ministre de l’Enseignement supérieur et porte-parole du gouvernement, Charles Edgard Mombo, a annoncé le décaissement d’une enveloppe globale de 19,7 milliards de FCFA. Cette manne financière, destinée au règlement des bourses et des frais de scolarité, fait suite aux engagements pris le 23 mars dernier par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Depuis la semaine écoulée, les virements ont ainsi débuté pour les apprenants inscrits tant sur le territoire national qu’à l’international.
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Selon les données comptables validées par l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG), cette opération d’envergure a permis de soulager plusieurs catégories d’ayants droit. Dans le détail, 1,28 milliard de FCFA ont été alloués aux bourses scolaires, un peu plus de 2 milliards pour les étudiants du supérieur au Gabon au titre de l’échéance de janvier, et 1,03 milliard pour les centres de formation professionnelle. Les frais de scolarité locaux ont absorbé 1,86 milliard de FCFA, tandis que la part du lion, soit 13,4 milliards de FCFA, a été engloutie par les étudiants de la diaspora. Cette dernière enveloppe incluait notamment le rattrapage de mensualités impayées allant d’octobre 2025 à janvier de l’année en cours.
Le spectre persistant d’une dette colossale
Si cette injection de liquidités offre une bouffée d’oxygène incontestable aux familles, elle ne parvient pas à masquer une réalité comptable beaucoup plus sombre. Derrière les annonces de solidarité, l’État gabonais traîne encore un véritable boulet financier vis-à-vis de sa jeunesse et des établissements d’enseignement. Le porte-parole du gouvernement a lui-même dû faire preuve de transparence en admettant que la facture est loin d’être totalement soldée, révélant qu’il reste très exactement 14,8 milliards de FCFA de dépenses à honorer au seul titre de l’exercice budgétaire 2025.
Le tableau de la situation :
| Catégorie de dépense | Montants récemment décaissés (FCFA) | Arriérés restants dus pour 2025 (FCFA) |
|---|---|---|
| Bourses scolaires | 1 283 232 000 | - |
| Bourses du supérieur au Gabon (échéance janvier) | 2 036 799 000 | - |
| Centres de formation professionnelle | 1 037 790 000 | - |
| Frais de scolarité locaux (Gabon) | 1 869 543 500 | 12 900 000 000 |
| Étudiants à l’étranger (bourses et arriérés oct. 2025 - jan. 2026) | 13 400 000 000 | - |
| Autres bourses et accessoires (exercice 2025) | - | 1 900 000 000 |
| TOTAL | 19 627 364 500 (Arrondi à 19,7 milliards) | 14 800 000 000 |
La structure de cette dette met en lumière les failles chroniques du système de financement de l’éducation nationale. Sur ces 14,8 milliards de FCFA d’arriérés restant dus, une part écrasante de 12,9 milliards de FCFA concerne exclusivement les frais de scolarité. Cette ardoise laissée à la charge du Trésor public signifie concrètement que de nombreux établissements partenaires n’ont toujours pas perçu les fonds correspondant à la formation des boursiers de l’État pour l’année écoulée. Une anomalie administrative qui expose quotidiennement ces étudiants à des risques d’exclusion des campus, de privation d’examens ou de blocage de leurs diplômes.
Un équilibre précaire pour le système éducatif
Cette situation paradoxale, où des milliards sont déboursés tout en laissant perdurer une dette presque équivalente, illustre les immenses difficultés de l’ANBG à éponger le passif tout en faisant face à ses nouvelles obligations. Bien que le Pr Charles Edgard Mombo ait souligné la volonté de l’exécutif d’assainir le climat social, qualifiant cet effort financier de « gage d’une solidarité constante » , la persistance de ces lourds arriérés de l’année 2025 maintient les apprenants dans une précarité anxiogène et entache sévèrement la crédibilité de la signature de l’État auprès des institutions académiques.
Le ministre au cours de son allocution
Désormais, le défi pour les autorités financières ne réside plus seulement dans la gestion des urgences par des décaissements partiels, mais bien dans la résorption définitive de cette fracture budgétaire. Le Gabon n’est plus en transition, et l’exigence d’une gestion orthodoxe et prévisible des deniers publics s’impose. Liquider cette lourde ardoise de 14,8 milliards de FCFA apparaît dès lors comme un impératif absolu pour garantir aux étudiants un cursus serein et préserver l’image de la nation à l’étranger.
@info241.com
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