Fégafoot : La commission électorale recale les 3 adversaires de Pierre Alain Mounguengui, seul en lice
Le processus électoral devant conduire au renouvellement du comité exécutif de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot), prévu pour le 18 avril prochain, a connu hier après-midi un tournant décisif. Ce vendredi 27 mars, la commission électorale a animé un point de presse très attendu à son siège d’Owendo. L’objectif de cette sortie médiatique était de rendre publics les résultats provisoires de l’examen minutieux des dossiers de candidature déposés par les différents prétendants au fauteuil présidentiel.
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En l’absence du président de la commission, Jean-Luc Ndongo, empêché pour des raisons professionnelles, c’est la vice-présidente, Josèphe-Laetitia Ada Essono, qui a planté le décor. Elle a d’emblée tenu à rassurer l’opinion publique, les clubs et l’ensemble des acteurs du ballon rond sur la probité de l’organe indépendant. « La commission électorale tient à réaffirmer qu’elle ne ménagera aucun effort pour que chaque étape de ce processus soit un succès et que tout se déroule dans un climat de sérénité et de probité », a-t-elle déclaré, soulignant que la crédibilité des futurs dirigeants repose sur la transparence du scrutin.
Un examen minutieux et sans complaisance des dossiers
La lecture du procès-verbal, assurée par le commissaire rapporteur Wynan René Mezui Ossene, a ensuite révélé l’ampleur des manquements administratifs chez la majorité des candidats. La commission, dont la seule boussole a été l’application stricte du code électoral adopté en 2025 et des statuts de la fédération, a passé au crible les quatre dossiers enregistrés. Le couperet est tombé de manière implacable pour les listes conduites par Christian Gabin Nzogho Minsta, Darneau Essia Ndoong et Axel Gydex Nguema Edou, toutes déclarées nulles.
Récapitulatif de l’examen des candidatures par la commission électorale
| Candidat (Tête de liste) | Statut de la liste | Principaux motifs de la décision |
|---|---|---|
| Christian Gabin Nzogho Minsta | Invalidée | Liste de 15 colistiers (au lieu de 12) dont 1 seule femme (au lieu de 2) ; absence de la caution d’un million de FCFA ; avis défavorable de l’éthique ; manque de 7 parrainages ; absence de documents administratifs (casiers, CV, pièces d’identité). |
| Darneau Essia Ndoong | Invalidée | Absence de la caution d’un million de FCFA ; avis défavorable de la commission d’éthique ; manque des 7 parrainages statutaires requis. |
| Pierre Alain Mounguengui | Validée (Provisoire) | Dossier jugé complet et conforme aux statuts ; avis favorable de l’éthique pour tous les colistiers ; validation de 27 parrainages statutaires. |
| Axel Gydex Nguema Edou | Invalidée | Absence totale de dossiers individuels pour les colistiers ; absence de la caution d’un million de FCFA ; avis défavorable de l’éthique ; manque de parrainages. |
Les griefs relevés par l’instance délibérante soulignent une impréparation manifeste de ces trois états-majors. Outre l’absence de la caution obligatoire d’un million de francs CFA et un avis défavorable récurrent de la commission d’éthique, des lacunes structurelles ont été pointées. La liste de Christian Gabin Nzogho Minsta comportait par exemple quinze membres au lieu des douze exigés, avec une seule femme au lieu du quota minimum de deux. Celle d’Axel Gydex Nguema Edou brillait par l’absence totale de dossiers individuels pour ses colistiers. Malgré une relance formelle par voie d’huissier leur accordant un délai de carence de trois jours, aucun de ces candidats n’a daigné régulariser sa situation.
Pierre Alain Mounguengui en pole position avec un dossier irréprochable
Face à cette véritable hécatombe administrative qui décime les rangs de l’opposition, un seul candidat a su tirer son épingle du jeu. La liste numéro 3, pilotée par le président sortant Pierre Alain Mounguengui, est l’unique candidature à avoir franchi avec succès le filtre de la recevabilité. Son dossier, jugé exhaustif et parfaitement conforme aux exigences statutaires, a reçu le quitus intégral de la commission d’éthique pour l’ensemble de ses douze membres, démontrant une maîtrise certaine des rouages institutionnels.
Plus qu’une simple validation administrative, la commission a également mis en lumière le fort ancrage de cette liste au sein du collège électoral. Pierre Alain Mounguengui a en effet écrasé la concurrence en matière de parrainages, récoltant le soutien formel de vingt-sept membres statutaires de la Fégafoot. Ce raz-de-marée inclut l’appui de dix clubs de première division, de six clubs de deuxième division, de deux associations (entraîneurs et arbitres) ainsi que de neuf ligues provinciales.
Un appel au calme et l’ouverture de la phase des recours
Si la proclamation de ces résultats provisoires place de facto Pierre Alain Mounguengui dans une position de cavalier seul, le processus électoral n’est pas pour autant définitivement scellé. La commission a tenu à rappeler aux prétendants évincés qu’ils conservent des voies de droit pour contester ces décisions. Conformément aux dispositions de l’article 9-2 du code électoral, les candidats dont les dossiers ont été rejetés disposent d’un délai de trois jours francs, à compter de la notification de leur invalidation, pour introduire un recours dûment motivé auprès de la commission de recours.
Cette étape contentieuse constitue le dernier rempart avant la publication de la liste définitive des candidats appelés à briguer les suffrages le 18 avril. En attendant l’épilogue de cet imbroglio juridico-sportif qui crispe le milieu du football national, la vice-présidente Josèphe-Laetitia Ada Essono a lancé un vibrant appel à la retenue. « Il est crucial de rappeler que la mission de la commission électorale n’est pas de choisir qui dirigera le football gabonais, mais de veiller à ce que ceux qui se présentent aient le droit légal de le faire », a-t-elle conclu, invitant l’ensemble des acteurs au fair-play.
@info241.com
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