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Stratégie

Aide au développement : Face à son inefficacité, le Gabon revoie sa stratégie avec les bailleurs

Aide au développement : Face à son inefficacité, le Gabon revoie sa stratégie avec les bailleurs
Aide au développement : Face à son inefficacité, le Gabon revoie sa stratégie avec les bailleurs © 2026 D.R./Info241

L’heure est à la remise en question et à la restructuration dans la gestion des fonds extérieurs. Afin d’optimiser l’utilisation des ressources mobilisées par le Gabon (dettes et dons) auprès de ses partenaires internationaux, le Vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a présidé une réunion stratégique le vendredi 13 février. Entouré de plusieurs membres du gouvernement, il a dressé un diagnostic sans complaisance des failles actuelles et dévoilé l’architecture d’un nouveau cadre de collaboration.

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L’objectif final : que ces financements se traduisent enfin par des actions à fort impact social pour les populations. Le constat de départ se veut lucide. Bien que le Gabon se soit inscrit depuis plusieurs années dans une perspective de multilatéralisme renforcé, les résultats sur le terrain peinent à convaincre. L’afflux de partenaires techniques et financiers (PTF) et la multiplication des projets n’ont pas suffi à garantir le succès des programmes de développement.

Un diagnostic sans appel : l’inefficacité pointée du doigt

Lors de son intervention, Hermann Immongault n’a pas éludé les responsabilités de l’État et des acteurs impliqués. « En dépit de cette variété d’acteurs et de nombreux projets financés, le constat a été fait d’une inefficacité de l’appui au développement » , a-t-il fermement reconnu.

Les maux qui minent l’exécution de ces projets financés sur ressources extérieures ont été clairement identifiés lors des échanges :
- Une gouvernance défaillante : Les priorités sont souvent mal définies, entraînant des dépenses inéligibles et des coûts de projets anormalement élevés pour des résultats mitigés.
- Des carences techniques et institutionnelles : Le Vice-président a pointé « la faiblesse de la coordination institutionnelle au Gabon », couplée aux « faibles capacités techniques et financières » de certains gestionnaires.
- Des blocages opérationnels : Le faible taux de décaissement des fonds alloués et un système de suivi-évaluation « fortement perceptible » (insuffisant) freinent l’avancement des travaux.
- Un manque d’autorité : Le membre du gouvernement a également eu la franchise d’évoquer un déficit de transparence et, parfois, « la faiblesse du leadership gouvernemental ».

Cap sur le PNCD et la centralisation des données

Pour corriger ces asymétries de l’information et éviter les doublons ruineux, le gouvernement entend reprendre la main. La nouvelle ligne directrice impose désormais un alignement strict de tous les projets financés de l’extérieur sur le Plan national de croissance et de développement (PNCD).

« Il s’agit donc aujourd’hui de créer une synergie et une complémentarité entre les partenaires techniques et financiers [...] et surtout de réduire l’inefficacité de l’aide au développement » , a martelé Hermann Immongault. Pour y parvenir, l’exécutif exige l’établissement d’une cartographie exhaustive des projets en cours et la centralisation systématique des données relatives aux dons reçus par les différentes administrations.

Une nouvelle architecture à cinq niveaux

Pour matérialiser cette nouvelle dynamique de coopération, le gouvernement va mettre en place un cadre de collaboration totalement rénové. Cette architecture s’articulera autour de plusieurs niveaux de coordination :
- Le niveau stratégique : Coordonné directement par le Vice-président du gouvernement, il inclura la participation active du secteur privé et de la société civile.
- Le comité de pilotage : Une instance d’échange direct réunissant les partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé.
- La coordination ministérielle : Un échelon de supervision dont les responsables gouvernementaux restent à déterminer.
- Les entités opérationnelles : Chargées de l’animation de cette nouvelle architecture sur le terrain (leur rattachement ministériel sera bientôt défini).
- Les groupes thématiques : Des cellules spécialisées qui seront directement animées par les ministères sectoriels concernés.

À travers cette refonte totale, l’État gabonais espère instaurer la transparence, la traçabilité et l’efficacité qui faisaient jusqu’alors défaut à la gestion de la dette et des dons internationaux.

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