Gabon : Les syndicalistes Libama et Ndong Edzo finalement écroués en express à Gros-Bouquet
Alors que l’on croyait au respect de la liberté syndicale dans la Ve République d’Oligui Nguema, la justice gabonaise a choisi son camp. Interpellés lundi et mardi pour leur participation à l’assemblée générale des enseignants grévistes tenue samedi dernier, appelant à la reconduite de la grève, les syndicalistes Marcel Libama et Simon Ndong Edzo ont reçu ce mercredi leur mandat de dépôt, leur ouvrant grand les portes du pénitencier surpeuplé de la capitale gabonaise.
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Marcel Libama et Simon Ndong Edzo ne sont plus des hommes libres. Poursuivis pour trouble à l’ordre public après leur interpellation successive ce lundi et mardi par les gendarmes de la Direction générale des recherches (DGR), la justice gabonaise a décidé de faire de ces deux leaders syndicaux des pensionnaires de la prison centrale de Libreville, au mépris flagrant de la liberté syndicale et de grève garantie par la nouvelle Constitution.
La prison centrale de Libreville où ont été envoyés les deux syndicalistes
Alors qu’ils avaient déjà été conduits mardi soir devant un juge d’instruction, les deux hommes ont de nouveau été extirpés de leur garde à vue prolongée pour le palais de justice de Libreville. Cette fois, pour se voir décerner un aller simple pour la prison du Gros-Bouquet. Initialement, ils auraient dû comparaître à nouveau devant le tribunal correctionnel ce vendredi, mais il semble donc que les « preuves » accumulées par la DGR aient nécessité un retour ce mercredi devant le juge.
Une incarcération qui questionne sur l’indépendance de la justice gabonaise, tant prônée et promue par les nouvelles autorités de Libreville. Rappelons que les deux leaders avaient sapé la volonté du gouvernement gabonais de faire reprendre les cours ce lundi sur l’ensemble du territoire. Un retour de bâton des autorités gabonaises qui rappelle là encore les heures sombres du régime d’Ali Bongo, qui avait fait de plusieurs leaders syndicaux des pensionnaires de la prison centrale.
Il semble donc que le régime d’Oligui Nguema, plutôt que de parvenir à convaincre les partenaires sociaux et de répondre à leurs revendications, envoie désormais l’image d’un pouvoir réactionnaire, intolérant à la contradiction syndicale. Les magistrats et les OPJ ayant là encore échoués à prouver leur indépendance du pouvoir politique. Une incarcération incompréhensible, d’autant que les deux syndicalistes auront leur procès dans 9 jours, soit le 30 janvier.
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