Faux passeport rouge d’Ali Bongo : le cinglant démenti d’Ali Akbar Onanga contre le pouvoir d’Oligui Nguema
La rumeur enflait depuis quelques jours sur les réseaux sociaux : le président gabonais déchu, Ali Bongo aurait enfin reçu un passeport diplomatique. Après le démenti formel de son fils Noureddin lundi sur le réseau social X, c’est au tour de son fidèle lieutenant, Ali Akbar Onanga Y’Obegue, de monter au créneau. Actuellement en séjour en France aux côtés de l’ex-chef de l’État pour des séances de travail consacrées à la crise de leadership au Parti démocratique gabonais (PDG), l’ancien ministre a publié ce mardi une longue tribune au vitriol sur Facebook, qualifiant cette sombre affaire de « honte républicaine ».
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Dans ce texte incisif, celui qui se considère comme secrétaire général du PDG bat en brèche l’idée d’une prétendue élégance institutionnelle des autorités actuelles. Il révèle que lors de son évacuation médicale hors du territoire, Ali Bongo n’a eu droit qu’à un simple passeport ordinaire, une situation qu’il juge humiliante pour un homme ayant dirigé le pays pendant quatorze ans. Jugeant le document qui circule en ligne comme étant un « faux grossier », l’universitaire s’insurge contre la mise en scène d’une normalisation administrative qui n’a, selon ses affirmations de source directe, jamais eu lieu.
Le silence complice des institutions pointé du doigt
Au-delà du simple démenti factuel, Ali Akbar Onanga Y’Obegue dénonce une triple violation du droit gabonais, orchestrée ou du moins largement tolérée par le pouvoir. Il fustige l’inaction de la Commission nationale de protection des données à caractère personnel face à l’exposition illégale des informations d’état civil de l’ancien dirigeant. De plus, il s’étonne de la passivité de la Haute autorité de la communication et de la justice face à cette infraction caractérisée, pourtant sévèrement réprimée par l’ordonnance du 26 février dernier relative à la réglementation des réseaux sociaux. Pour lui, face à cette désinformation massive, ce silence institutionnel vaut inévitablement complicité.
Le long démenti du bras droit d’Ali Bongo
Cette vive polémique est également l’occasion pour le bras droit d’Ali Bongo de dresser un réquisitoire sévère contre le traitement réservé à son mentor depuis le coup de force d’août 2023. Évoquant plus de trente mois d’attente et de privations, il dénonce ce qu’il nomme une « maltraitance républicaine ». Gel des comptes bancaires sans décision judiciaire, saisie des biens et suppression de la prise en charge médicale sont autant de griefs énumérés pour démontrer le refus de l’État d’appliquer la loi de 2002 garantissant le statut, la protection et la dignité des anciens chefs de l’État.
Une grossière manœuvre de diversion politique
Cherchant à comprendre les véritables motivations derrière la diffusion de ce faux document, l’auteur de la tribune y voit un simple écran de fumée. Selon lui, agiter cette affaire strictement administrative sur la place publique permet aux dirigeants de détourner l’attention des populations de leurs urgences quotidiennes. Il cite notamment les coupures récurrentes d’eau et d’électricité, la cherté de la vie toujours plus écrasante et la dégradation continue des services publics, autant de maux profonds que cette rumeur numérique insipide ne saurait durablement occulter.
Enfin, l’ancien ministre lie directement cette agitation médiatique à l’actualité judiciaire brûlante du pays. Il souligne que cette diversion intervient curieusement au moment où l’arrestation de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nzé suscite une vive onde de choc au sein de l’opinion publique. « Créer du bruit autour d’un passeport fictif au moment même où une détention pour le moins sujette à caution frappe les consciences, voilà une technique de communication politique bien rodée, dont la médiocrité n’a d’égale que le cynisme », assène-t-il, avertissant le régime en place sur la dangereuse jurisprudence qu’il est tragiquement en train d’écrire pour la fonction présidentielle.
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